Colloque international “La Salpêtrière, un théâtre de l’hystérie D’une scène à l’autre : Charcot, Freud, Lacan”

octobre 2013

4oct - 5oct 408:30oct 5Colloque international "La Salpêtrière, un théâtre de l’hystérie D’une scène à l’autre : Charcot, Freud, Lacan"400 ans de la Salpêtrière
120ème anniversaire de la mort de Jean-Martin Charcot
Université Paris 13 - Amphi 5 (UFR LLSHS) — Hôpital de la Pitié-Salpêtrière - Amphi CharcotType d'évenement:Colloques

Organisé par

Anne Bourgain

Quand ?

4 octobre 2013 8:30 - 5 octobre 2013 20:00

Où ?

Université Paris 13 - Amphi 5 (UFR LLSHS) — Hôpital de la Pitié-Salpêtrière - Amphi Charcot

Villetaneuse — Paris

Détails de l'événement

Argument

Possédées du malin au Moyen Âge, les sorcières hystériques sont vouées au bûcher. Enfermées au XVIIe siècle, maltraitées, elles rejoignent la Cour des Miracles de l’Hospice de la Vieillesse-Femmes à la Salpêtrière, lieu de la grande exclusion, lieu de réclusion des femmes dérangeantes, indigentes, folles incurables, âgées ou gâteuses… Jusqu’à ce que le Dr Jean-Martin Charcot (1825-1893) mène le combat qui transforme l’ancien hospice en hôpital : l’École de la Salpêtrière de Paris est née, qui devient lieu de recherche, d’enseignement et de soins, de renommée internationale.

Devant les succès de la méthode anatomo-clinique, Charcot applique à l’hystérie la démarche expérimentale mais, ne parvenant pas à identifier chez ces patient(e)s d’authentiques lésions, il est amené à opérer la distinction entre symptomatologie neurologique, et symptomatologie fonctionnelle de l’hystérie. Après avoir tenté divers traitements physiques – métallo et électrothérapie, aimants, compression des ovaires – il s’aperçoit qu’il peut avantageusement remplacer ces techniques par l’hypnose. Tels des prestidigitateurs, les médecins hypnotiseurs de la Salpêtrière font alors surgir et disparaître contractures, paralysies, spasmes, convulsions, cécité… Un trajet qui le surprend lui-même, jusqu’à devoir abandonner l’idée d’une localisation lésionnelle et se voir contraint de reconnaître le rôle du traumatisme et de sa représentation dans la production des symptômes hystériques.

Attiré par la notoriété de Charcot, le jeune Freud, arrive à Paris fin 1885 comme neuro-pathologiste. Il en repart quelques mois plus tard pour fonder la Psychanalyse. Au travers du corps de l’hystérique en convulsions, incarné par Blanche, Augustine ou Geneviève, vedettes des Leçons du Mardi, Freud découvre une mise en scène de fantasmes et de désirs inconscients.
« Où sont-elles passées les hystériques de jadis, ces femmes merveilleuses, les Anna O., les Emmy von N… qui permirent la naissance de la psychanalyse ? » s’interroge Lacan. De l’hystérique, sujet d’une parole, il passera à la structure qui soutient cette parole, pour faire du « discours de l’hystérique », l’un des discours faisant lien social. Car Charcot n’a pas fabriqué seul l’hystérie. L’hystérique est le partenaire de son maître, mais si le maître gouverne, l’hystérique règne. Avec ses énigmes montrées en son corps, l’hystérique a conduit le maître à produire un savoir bouleversant le XXe siècle.

De nos jours, la nomenclature du DSM veut évacuer tant la parole du Sujet que la structure, au profit d’un catalogue de troubles « somatoformes », volontairement désubjectivés : point de mal de vivre, de maladie d’amour, d’angoisse, de conflit, de culpabilité, de castration, comme destins de la condition humaine.
Des théories utérines de l’Antiquité aux recherches neurologiques de Charcot, de la découverte du désir inconscient par Freud à la condition de parlêtre chez Lacan, l’hystérie traverse les siècles, et ses manifestations prennent la forme que « l’air du temps » leur propose. C’est à cette traversée historique et conceptuelle que nous vous convions dans l’amphithéâtre qui porte aujourd’hui le nom de Charcot.

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