Argument

Les chiffres l’affirment sans qu’on s’en émeuve vraiment : la fracture sociale, facteur reconnu de décrochage scolaire, dissimule une « fracture sexuée ». En effet, en France, l’échec scolaire, qui commence par une moindre réussite dans l’apprentissage de la lecture et l’écriture, est majoritairement masculin (2/3 de garçons pour 1/3 de filles) ; constat qui recoupe la prépondérance des consultations en pédopsychiatrie pour les garçons. Il en est de même en matière de troubles des apprentissages où les garçons constituent la majorité des 5 % d’enfants dyslexiques. A l’heure d’un volontarisme affiché quant aux luttes contre les violences faites aux femmes, ne pourrait-on faire un lien entre le sexisme ordinaire et l’échec des garçons ?
Mais les difficultés commencent avec l’analyse de ces données au sein desquelles le traditionnel débat entre nature et culture bat son plein. Aux explications génétiques innéistes des uns, concernant une fragilité biologique et développementale des garçons, s’opposent les explications sociales sur les stéréotypes de genre des autres. Pour autant, C. Chiland, dès ses premiers travaux sur les problématiques de genre, avait proposé des jalons pour une « psychopathologie différentielle des sexes ». Elle y soutenait l’existence d’une interaction entre l’équipement biologique et les exigences culturelles, perspective aujourd’hui démontrée par les neurosciences.
L’approche clinique psychodynamique s’intéresse aux modalités de construction actuelles et aux variations différentielles du connaître, apprendre, penser au masculin et au féminin, affirmant l’irréductibilité sexuée de l’être humain et de son fonctionnement psychique. Dans cette perspective, le bilan psychologique de l’enfant et de l’adolescent, reste un outil majeur d’analyse de ces problématiques et de soutien aux mesures de prévention, d’éducation, et parfois de soin, impliquées par cette réalité.

Documents

>Télécharger le programme
UTRPP

menu-mobile

logoUTRPP
Retour haut de page