Ce séminaire introduira à une réflexion sur la comparaison des conceptions ontologiques autochtones et les philosophies politiques et morales occidentales du care (Baier, Nussbaum, Tronto, Plumwood, entre autres). L’un des objectifs du séminaire est d’étudier la manière dont les autochtones, hommes et femmes, renouvellent la manière de faire de la politique et amènent, par exemple, à s’interroger sur les conceptions occidentales du care et du féminisme par leur critique de la pensée hégémonique et universalisante occidentale. En effet, des notions telles que celle de nature, féminisme, genre, participation politique, leaders, pour en citer quelques-unes créent des ambigüités, des blocages, voire des impossibilité de comprendre des mondes différents et d’intégrer les différence qui opèrent dans la constitution des nouvelles formes de citoyennetés. La pensée écologique est, pour ainsi dire, révolutionnaire en Occident, et représente un véritable levier critique contre les traditions rationalistes. Mais cette définition devient bien moins originale dès lors qu’elle est mise en regard des systèmes de pensées autochtones, comme ceux des amérindiens par exemple, avec lesquels elle présente certaines similitudes. Or, ces résonnances sont peu traitées par les théoriciennes occidentales du care, soit parce que souvent elles les méconnaissent, ou bien peut-être, parce que certains aspects de la pensée féminine amérindienne représentent une menace et un désaveu pour le féminisme occidental et son « universalisme ».

On se penchera ainsi sur les réceptions du féminisme par les représentant-e-s et intellectuel-le-s autochtones et les nouvelles formes de citoyenneté, les recompositions, les inventions, auxquelles ces inter-interrogations donnent naissance. Le séminaire présentera des travaux récents sur ces thèmes, à la fois théoriques et issus d’enquête de terrain, tels que les discours de femmes intellectuelles autochtones sur le féminisme, le mouvement dé-colonial en Amérique latine, les pratiques de production liées à l’environnement, ou l’utilisation de la pensée chamanique dans la sphère publique.

Séance du 8 mars

Catherine Alès et Pascale Molinier aurons le plaisir d’accueillir Astrid Ulloa (Université Nationale de Bogota), qui interviendra sur le thème : « Femmes autochtones, féminismes, genres et participation politique en Amérique latine »

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