Co-animé par Jean-François Chiantaretto (UTRPP, Paris 13) et Françoise Neau (PCPP, Paris Descartes).
Ce séminaire est couplé au séminaire thématique « Méthode psychanalytique, clinique, écriture » du master recherche SPC « Psychanalyse et interdisciplinarité ».
Séance du 14 novembre avec Geneviève Brisac, écrivain.

En quoi, selon quelles modalités, avec quels enjeux et jusqu’où l’écriture concerne-t-elle et implique-t-elle spécifiquement les psychanalystes, ainsi que tous les cliniciens qui se réfèrent à la psychanalyse, dans leurs pratiques et dans leurs recherches ? L’écriture a été fondatrice dans l’invention freudienne de la psychanalyse, des Lettres à Fliess au modèle du bloc-notes magique, de l’écriture de cas à l’élaboration de la métapsychologie, en passant par l’écriture historienne et l’approche « impliquée » de l’écriture. Qu’elle soit source d’inhibition ou de plaisir, support ou espace du penser, à usage intime ou à vocation publique, « potentielle » ou effective, l’écriture reconvoque aujourd’hui encore le geste freudien, pour tout clinicien fondant et interrogeant sa pratique clinique dans la référence à la psychanalyse – à ce titre intrinsèquement chercheur.
A chaque séance, un temps de présentation est suivi d’un temps de discussion et d’échanges entre les participants. Nous invitons tantôt des psychanalystes qui écrivent, tantôt des écrivains ou des essayistes qui donnent à penser le rapport intrinsèque de la psychanalyse à l’écriture. Loin de la tradition de la « psychanalyse appliquée », nous privilégions la dimension analysante de l’œuvre.

Ouvert aux doctorants, jeunes docteurs et étudiants de Master de SPC, aux enseignants-chercheurs et aux analystes.
Le séminaire a lieu le 2ème jeudi du mois.
Pré-inscription souhaitable : jfchant@wanadoo.fr ou fr.neau@free.fr

Présentation de la séance

Notre cœur est très fort. Il est fort parce qu’il attend toujours. On ne sait pas ce qu’il attend. Mais il est doté d’une patience infinie. Tout le reste est en nous très fragile. Nous avons l’estomac délicat, la peau délicate, le palais sensible, les nerfs fragiles. Nous avons des insomnies, des tremblements, des cauchemars, des sueurs nocturnes. Mais le cœur n’a jamais rien. Il est très sain. Il avale tout, il digère tout, les éloignements, la solitude, les poisons, les pensées angoissantes, les années horribles. C’est le cœur qui est fort, c’est le cœur.
Cette phrase de Natalia Ginzburg sera mon point de départ.
Et une petite histoire qui m’est arrivée récemment.
Une jeune fille anorexique, lors d’une rencontre m’a demandé comment j’avais fait, pour devenir si gaie et si moqueuse, elle avait lu Petite où j’écrivais ce dur parcours de l’anorexie, et elle voulait connaître le chemin que j’avais suivi.
Je lui ai raconté.
Le voici.

Normalienne et agrégée de lettres, diplômée de philosophie, Geneviève Brisac a enseigné pendant dix ans en Seine-Saint-Denis, été critique littéraire au Monde pendant une vingtaine d’années, et collabore depuis dix-huit ans à France-Culture. Elle a publié une quinzaine de romans et d’essais, pour la plupart parus aux éditions de l’Olivier. Elle est vice-présidente de l’association Bibliothèques sans frontières.
Elle est l’auteur de Petite (1994), et de Week-end de chasse à la mère (prix Fémina 1996) de Une année avec mon père (prix des éditeurs 2013) .
Elle a également coécrit le scénario du film Non ma fille tu n’iras pas danser de Christophe Honoré (2009), et plusieurs pièces de théâtre.
Ses deux derniers romans, Vie de ma voisine, un roman vrai consacré à une enfant rescapée de la rafle du Vel d’hiv, et Le Chagrin d’Aimer sont parus en 2017 et 2018 aux éditions Grasset.
Mes Mots sauvages, un abécédaire poético-politique, a été publié par Philippe Delerm, en décembre 2018 dans sa collection le Goût des mots.
Un nouvel essai, Sisyphe est une femme est paru le 17 octobre aux éditions de l’Olivier.

Prochaine séance

Le 12 décembre avec Alain Mascarou, écrivain, traducteur.

Documents

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