Séance du 10 décembre avec Marc Amfreville, psychanalyste.
Lien Zoom limité à 100 participants : participation à confirmer en envoyant un mail à jfchant@wanadoo.fr et fr.neau@free.fr

Présentation de la séance

Argument : L’analyse que fait Freud en 1919 du conte d’Hoffmann, « L’Homme au sable » cherche un appui dans la littérature sur les questions précises de la castration et du refoulement, mais permet au lecteur informé des développements ultérieurs de sa pensée de sentir monter les intuitions qui donneront lieu un an plus tard à la théorisation de la pulsion de mort (1920). Autour des notions connexes de déplacement, de substitution et d’ersatz, la centralité de la question de l’incertitude dans la nouvelle est réévaluée, en mesurant – c’est l’essentiel – que c’est précisément l’écriture de Freud qui appelle à l’interrogation. Seront examinées notamment, avec une attention soutenue aux jeux des signifiants, la poétique du double et celle des fluctuations qui informent la représentation paradoxale des figures du fou et du mort-vivant, dans le but de mettre au jour la puissance de théorisation du texte littéraire – une invitation à une certaine attention, à la déconstruction, et au déplacement toujours renouvelé de l’écoute : au bout du compte, une leçon d’écriture et de psychanalyse donnée par Freud lui-même.
Il est vivement conseillé d’avoir relu le texte de Freud (« L’Inquiétant » ou « L’Inquiétante Étrangeté », suivant les éditions, et « L’Homme au sable » d’Hoffmann (consultables en ligne).

Marc Amfreville est professeur de littérature américaine à la Sorbonne et psychanalyste participant au Quatrième Groupe. Il a été président de l’AFEA, a traduit plus de cinquante romans. Pour la Pléiade, il a édité Pierre, ou les ambiguïtés de Melville, Loin du Paradis, de S. Fitzgerald, Croc Blanc et L’Appel du Monde sauvage de J. London. Il est l’auteur de Charles Brockden Brown, la part du doute (2000) Pierre ou les ambiguïtés ou l’ombre portée (2003), Ecrits en souffrance (2009), Maison de deuil, maison de liesse, The House of Mirth d’Edith Wharton (2013), et à plusieurs mains d’une nouvelle Histoire de la littérature américaine (PUF, 2010). Il a animé un atelier d’écriture destiné aux adolescents hospitalisés à Montsouris et créé à la Sorbonne un groupe de recherche sur les écritures du trauma (ARTE). Après plusieurs publications récentes dans le champ de la psychanalyse, il prépare une monographie qui devrait s’intituler « Le Paradoxe, entre littérature et psychanalyse »

Présentation du séminaire

En quoi, selon quelles modalités, avec quels enjeux et jusqu’où l’écriture concerne-t-elle et implique-telle
spécifiquement les psychanalystes, ainsi que tous les cliniciens qui se réfèrent à la psychanalyse, dans
leurs pratiques et dans leurs recherches ?
L’écriture a été fondatrice dans l’invention freudienne de la psychanalyse, des Lettres à Fliess au
modèle du bloc-notes magique, de l’écriture de cas à l’élaboration de la métapsychologie, en passant par
l’écriture historienne et l’approche « impliquée » de l’écriture. Qu’elle soit source d’inhibition ou de plaisir,
support ou espace du penser, à usage intime ou à vocation publique, « potentielle » ou effective, l’écriture
reconvoque aujourd’hui encore le geste freudien, pour tout clinicien fondant et interrogeant sa pratique
clinique dans la référence à la psychanalyse – à ce titre intrinsèquement chercheur.
Le séminaire prévoit à chaque séance un temps de présentation et un temps égal de discussion et
d’échanges entre les participants. Nous inviterons tantôt des psychanalystes qui écrivent, tantôt des écrivains
ou des essayistes qui donnent à penser le rapport intrinsèque de la psychanalyse à l’écriture. Loin de la
tradition de la « psychanalyse appliquée », nous privilégierons la dimension analysante de l’œuvre.

Ouvert aux doctorants, jeunes docteurs et étudiants de Master de SPC, aux enseignants-chercheurs et aux analystes.
Le séminaire a lieu le 2ème jeudi du mois (sauf exception), hors vacances scolaires.
Une participation régulière au séminaire est souhaitée et une pré-inscription est demandée pour les nouveaux
participants : jfchant@wanadoo.fr ou fr.neau@free.fr

Prochaines séances

Le 4 février, avec Laurent Danon-Boileau, psychanalyste.
Le 11 mars, avec Françoise Coblence, psychanalyste.
Le 8 avril, avec Pascal Herlem, psychanalyste.
Le 6 mai, avec Brigitte Dollé-Monglond, psychanalyste.
Le 10 juin : bilan du séminaire.

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