Soutenance de la thèse “Femmes dirigeantes au Sénégal”

mars 2018

30mar14:00- 17:30Soutenance de la thèse "Femmes dirigeantes au Sénégal"Université Paris 13 - Salle T204Type d'évenement:Soutenances de thèses

Organisé par

UTRPP

Quand ?

30 mars 2018 14:00 - 30 mars 2018 17:30

Où ?

Université Paris 13 - Salle T204

99, avenue Jean-Baptiste Clément, 93430 Villetaneuse

Détails de l'événement

Thèse soutenue par Halima Diallo et dirigée par le Professeur Pascale Molinier.

Composition du jury

Paul Diédhiou, Maître de Conférences en sociologie, Université Assane Seck, Rapporteur
Caroline Ibos, Maîtresse de Conférences en science politique, Université Rennes 2, Rapportrice
Yoram Mouchenik, Professeur en psychologie clinique et interculturelle, Université Paris 13
Rebecca Rogers, Professeure en histoire de l’éducation, Université Paris Descartes
Pascale Molinier, Professeure en psychologie sociale, Université Paris 13
Valérie Ganem, Maîtresse de Conférences en psychologie, Université Paris 13, Invitée

Résumé de la thèse

Croisant la psychologie sociale et la psychodynamique du travail avec l’histoire et la sociologie, cette thèse est consacrée aux femmes sénégalaises qui exercent des professions prestigieuses où les hommes sont encore majoritaires. Sont questionnés leur origine sociale, familiale, leur parcours scolaire et professionnel, leur modèle de féminité, ainsi que leur rapport au travail, au management et enfin à la conjugalité. La méthode qualitative est le récit de vie. La méthode boule de neige a permis de recruter trente femmes dirigeantes dans les domaines politiques, universitaires, de la fonction publique et de l’entreprise. L’enquête de terrain a été réalisée entre 2013 et 2017. Elle a concerné 17 femmes des milieux aisés et 13 issues de familles des classes moyennes et populaires. Les analyses montrent que les femmes, dans les bastions masculins, partagent la fatigue ressentie à se battre pour se faire une place et exercer une autorité qui leur est sans cesse disputée. En revanche, toutes n’ont pas souhaité s’exprimer sur les incidences du travail sur la vie personnelle ou encore sur le coût de la transgression. Ces questions ont suscité malaise et résistance. La plupart des interviewées sont connues du grand public et de ce fait, veulent préserver une image de femme leader ou manager héroïque. Si les résultats de cette enquête sont limités, ils permettent néanmoins d’ouvrir des pistes de réflexion sur les stratégies mises en œuvre pour transgresser les « frontières du genre ». Les entretiens ont montré que la plupart des femmes dirigeantes se comportent en femmes traditionnelles dans l’espace privé et qu’elles tendent à surjouer la féminité pour conserver l’amour du conjoint ou pour que le couple « sauve la face ». La transgression dans l’espace public est modulée par le renforcement des normes de genre dans l’espace privé. Ce travail a impliqué de resituer les entretiens dans le contexte de la colonisation, des luttes d’indépendances, de la scolarisation des filles et du féminisme sénégalais, ainsi que de relever les particularités des usages locaux du concept de genre en lien avec les pratiques des ONG. Enfin, la thèse met en évidence l’importance d’analyser du point de vue de l’intersectionnalité les rapports entre genre et générations.

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