Date de parution : 29 septembre 2022
ISBN/EAN : 2721009729/978-2721009722
Format : 13 x 20 cm, 208 p.

Présentation

Le soulèvement en Syrie a suivi le début du printemps arabe, mais a été concomitant à la naissance de Daesh et dudit Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, qui restera dans l’Histoire et dans la mémoire collective comme l’exemple d’une sauvagerie brute. La cruauté d’une guerre devenant de plus en plus complexe a provoqué la fuite des humains qui ont côtoyé la déshumanisation et ont vécu les affres de l’exil lorsqu’ils n’ont pas été engloutis par la Méditerranée, devenue un cimetière marin.
Par quoi passe l’analyste qui travaille avec celles et ceux qui fuient la guerre ou les rescapé·e·s qui ont vu et vécu l’insoutenable ? La cruauté des images qui nous parviennent via les réseaux sociaux et les médias se redouble de la violence dans le récit des patientes et patients. Comment travaille l’analyste lorsqu’elle est déjà pleine de toutes les horreurs vues avant de les avoir entendues ? Et quelle écoute alors que la guerre fait encore rage ? Lorsque le lointain (la Syrie) vient dans le ici et le maintenant de la séance réactiver tous ces thèmes : religion, exil, histoire, langue, mort, disparition et dictature.
Comment travailler en temps de guerre ? Peut-on garder une neutralité lorsqu’on reçoit des rescapé·e·s qui ont éprouvé faim, soif, désabri et ce qui défait le corps et la pensée ? Peut-on être orthodoxe en de telles circonstances ? Et comment travaille l’analyste lorsque la guerre en Syrie va de pair avec la radicalisation et les attentats en France ? Extrait “Je témoigne de mon expérience : celle d’une psychanalyste qui a été plusieurs fois en Syrie et qui y a travaillé avec des psychanalystes syriens, qui a connu et aimé un pays non démocratique, mais où les parents étaient heureux de voir grandir leurs enfants, où les jeunes étudiaient et les adultes exerçaient leur métier, où les gens fréquentaient les restaurants et les cafés, les bibliothèques et les cinémas, s’aimaient en public ou dans la clandestinité, un pays de dictature mais où les gens vivaient la vie dans sa beauté, sa dureté et sa banalité, et qui reçoit aujourd’hui dans son cabinet, dans un climat d’attentats et d’insécurité en France, des patientes et des patients qui ont fui un pays ravagé par une guerre qui extermine, foudroie, ravage, brûle, engloutit et dévore aussi bien l’humain que la civilisation.
Les patientes et les patients racontent la destruction des quartiers que l’analyste connaît et qu’ils chérissent ensemble. Les paroles laissent voir le désastre et l’horreur. Une horreur qui glace le corps et la pensée. L’analyste écoute et s’interroge comme elles et eux : quelle est cette guerre où les ennemis sont trop nombreux pour un seul peuple ? Pourquoi un tel chaos et de quoi Daesh est-il la survivance ?


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